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Paul Vo-Ha

Maître de conférences en histoire moderne

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Portrait du membre

École d’histoire de la Sorbonne – UFR09 (IHMC)
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
17 rue de la Sorbonne, 75231 Paris Cedex 05

Page personnelle sur le site de Paris 1

Titres et fonctions

Ancien élève de l’École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines, agrégé d’histoire, docteur, Paul Vo-Ha est maître de conférences en histoire moderne à l’université Paris 1 depuis septembre 2017.

Projet IUF

En juin 2024, Paul Vo-Ha a été nommé lauréat au titre de la chaire fondamentale de l’IUF.

Son projet à l’Institut vise à étudier la coexistence confessionnelle dans les armées du roi de France de l’édit de Nantes à la Révolution. L’armée reste en effet, malgré la révocation, un espace social très ouvert aux minorités confessionnelles et religieuses. L’État royal, pragmatique, mobilise tous les hommes disponibles, protestants et plus ponctuellement juifs ou mahométans, indépendamment de leur foi. Loin de tout irénisme, il s’agit d’écrire l’histoire de ces invisibles, regnicoles ou étrangers, tolérés au sens moderne du mot, c’est-à-dire soufferts avec répugnance au nom des nécessités de la guerre et de la raison d’État. L’enquête vise à analyser les accommodements et les compromis mis en œuvre pour accueillir ces non-catholiques mais aussi les tensions suscitées par la présence de ces « autres » dans les troupes d’un monarque qui jurait lors de son sacre d’« exterminer les hérétiques ».

Thèmes de recherche

Ma thèse, menée sous la direction d’Hervé Drévillon et Nicolas Le Roux, soutenue en 2015, s’intitule Rendre les armes, le sort des vaincus xvie-xviie siècles. Elle analyse l’issue des combats et des sièges des guerres d’Italie aux guerres de Louis XIV. À travers l’étude des rites de redditions et des capitulations cet examen de la microdiplomatie à l’échelle des capitaines invite à penser la guerre comme relation, comme processus de socialisation qui laisse souvent toute sa place à la négociation. La conduite de la guerre est fondée sur ces transactions et ces échanges entre belligérants, régis par la logique comptable, politique, mathématique et marchande de l’économie des moyens. La violence est strictement mesurée, pesée. Les vainqueurs souhaitent l’emporter à moindre coût et les vaincus entendent limiter les conséquences de la défaite. Le combat, notamment dans le cadre de la guerre de siège, mais aussi dans d’autres contextes tactiques, se termine donc fréquemment par la négociation. La guerre est donc une pratique transactionnelle et seules les notions centrales d’intérêt, d’économie des moyens, de réciprocité et de représailles permettent de comprendre le sort indécis des vaincus, toujours suspendu à l’arbitrage des vainqueurs. Ce travail envisage aussi les refus de négocier, les dénis de redditions, les accords violés et les violences extrêmes et interroge l’hypothèse éliasienne largement relayée par l’historiographie d’un recul des violences guerrières à partir des années 1650, après les guerres de Religion, pour insister sur les permanences et la longue durée. Le xvie siècle n’est pas une litanie de carnages commis par les « guerriers de Dieu » et les sièges de Louis XIV ne se résument pas à l’attente d’une reddition annoncée. Alors que des issues négociées sont fréquentes au xvie siècle, les dernières guerres de Louis XIV voient se multiplier les captures de garnisons vaincues et les assauts. La reddition honorable n’est ni une norme, ni une idéologie : elle n’est qu’une solution rationnelle au problème de l’économie des moyens. À rebours de la guerre chevaleresque et courtoise peinte par Vélasquez dans Les Lances, on assiste pendant les dernières guerres de Louis XIV à un durcissement de la conduite des opérations, à une montée aux extrêmes qui rappelle le potentiel de radicalisation cumulative des guerres modernes, qui débouchent sur des franchissements de seuils de violence au nom des logiques d’attrition, de réciprocité et de représailles, car la violence elle-même est transactionnelle. Ce travail remanié est sorti en mars 2017 aux éditions Champ Vallon.

En parallèle, je poursuis un projet de recherche autour de la place des minorités confessionnelles dans les armées du roi de France, du xvie au xviiie siècle. L’armée royale, tout au long de l’époque moderne constitue en effet un espace multiconfessionnel, où coexistent des soldats de toutes les religions. Il s’agit d’étudier, sans irénisme, la manière dont l’État royal, pragmatique, mais également soucieux d’épuration religieuse, traite les minorités confessionnelles (calvinistes, luthériens, juifs, musulmans, orthodoxes, « grecs »...) qui servent le roi dans ses armées sur la longue durée, de l’Édit de Nantes à la fin de l’Ancien régime en s’intéressant aux soldats étrangers comme aux regnicoles. Si l’armée fait figure d’espace beaucoup plus ouverts que d’autres pans de la société et de l’État monarchique à l’altérité confessionnelle, l’étude des modalités concrètes de la gestion des minorités confessionnelles par le pouvoir royal atteste sur la longue durée la permanence des logiques d’invisibilisation et de relégation, notamment spatiale, du culte hétérodoxe. Les relations entre les soldats non-catholiques d’une part, les autorités et les populations d’autre part oscillent entre accommodements, compromis, tensions, conflits et crispations. Si le service armé du roi de France s’accompagne parfois d’un changement d’identité confessionnelle, l’impôt du sang excuse aussi, dans une certaine mesure, la « macule de l’hérésie ». C’est donc cette « tolérance militaire », dans la conception très limitée que donne l’époque moderne à ce terme, pensé comme le fait d’endurer, de supporter ce que l’on n’a pas le pouvoir de supprimer, que je me propose d’étudier.

  • Histoire de la guerre à l’époque moderne
  • Sort des vaincus
  • Violences de guerre
  • Histoire sociale et confessionnelle des armées (xvie-xviiie siècles)

Publié le 13 septembre 2017, mis a jour le vendredi 28 juin 2024

Ouvrages

Couverture de l'ouvrageÉdité par Benjamin Deruelle, Émilie Dosquet et Paul Vo-Ha, L’historien-citoyen – Révolution, guerre, empires. Mélanges en l’honneur de Bernard Gainot, Paris, Éditions de la Sorbonne, octobre 2022, 654 pages.

Couverture de l'ouvrage Claire Miot, Thomas Vaisset, Paul Vo-Ha (dir.), Cessez-le-feu, cesser les combats ? De l’époque moderne à nos jours, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2022.

Couverture de l'ouvrage Paul Vo-Ha, Rendre les armes. Le sort des vaincus, XVIe-XVIIe siècles, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2017.

Articles et contributions

« Traître, lâche ou victime ? Le gouverneur d’Exilles face à ses juges (1708-1710) » dans L’Atelier du Centre de Recherches Historiques, Revue électronique du CRH, no 29/2024, « Trahir, figures sociales de la déloyauté (xviie-xxe siècle) », sous la direction de Rachel Renault et Sébastien Schick.

« Combattre pour le Très-Chrétien. Les Suisses protestants et le service armé du roi de France (1685-1789) », dans Simona Boscani Leoni, Claire Gantet, André Holenstein, Timothée Léchot et Bérangère Poulain (dir.), Le Corps hélvétique et la France (1660-1792). Transferts, asymétries et interdépendances entre des partenaires inégaux | Das Corps helvétique und Frankreich (1660-1792). Transfers, Asymmetrien und Interdependenzen zwischen ungleichen Partnern, Société suisse pour l’étude du xviiie siècle et Éditions Slatkine, Genève, 2024, p. 111-130.

« Une impossible sortie de guerre ? Les prisonniers dans la négociation et l’application du traité de Paris (1760-1773) » dans Benjamin Deruelle, Émilie Dosquet, Paul Vo-Ha (dir.), L’historien-citoyen. Révolution, Guerre, Empires. Mélanges en l’honneur de Bernard Gainot, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2022, p. 279-306.

Avec Claire Miot et Thomas Vaisset, « Introduction. Pour une approche transactionnelle de la guerre : penser les conflits au prisme de la sortie des combats  », dans Id. (dir.), Cessez-le-feu, cesser les combats ? De l’époque moderne à nos jours, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2022, p. 9-32.

Avec Bernard Gainot, Claire Miot et Thomas Vaisset, « Conclusion. La guerre comme relation : violence, négociations, échanges et compromis. », dans Claire Miot, Thomas Vaisset et Paul Vo-Ha (dir.), Cessez-le-feu, cesser les combats ? De l’époque moderne à nos jours, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2022, p. 263-280.

« Les minorités confessionnelles dans l’armée au XVIIIe siècle : l’invention d’une tolérance militaire ? », Revue HistoriqueN° 701, 2022/1, p. 69-113.

Notice « Armée, XVIe-XVIIIe siècles », dans Isabelle Poutrin et Élisabeth Lusset (dir.), Dictionnaire du fouet et de la fessée. Corriger et punir, Paris, PUF, 2022, p. 48-50.

« Le salaire de la peur. Peur et reddition aux XVIe et XVIIe siècles », dans Pascal Bastien, Benjamin Deruelle et Lyse Roy (dir.), Émotions en bataille, XVIe-XVIIIe siècle. Sentiments, sensibilités et communautés d’émotions de la première modernité. Paris, Hermann, 2021, p. 203-225.

« Les opérations contre les Barbets, un modèle cynégétique de la guerre ?(1686-1697) », Revue historique des armées, n° 298, 2020, p. 101-114.

« The Wages of Fear. Fear and Surrender in the Sixteenth and Seventeenth Centuries », British Journal of Military History, vol 6, n°2, 2020, "War and Emotion in Early Modern Europe", p. 105-125.

« Mobiliser, Surveiller, Contrôler : les relations entre pouvoir militaire et populations dans les villes assiégées (xvie-xviiesiècles) », dans Gautier Mingous et Aurélien Roulet (dir.), Gouverner les villes en temps de crise. Urgences militaires et sanitaires aux XVIe et XVIIe siècles, Louvain, Presses Universitaires de Louvain, janvier 2020, p. 89-102.

« Les soldats protestants face à la révocation. L’armée royale à l’épreuve de l’édit de Fontainebleau. 1685- vers 1760 », dans État, pouvoirs et contestations dans les monarchies française et britannique, vers 1640, vers 1780, volume AHMUFParis, Sorbonne Université Presses, décembre 2019, p. 113-134.

« La guerre au prisme de l’intérêt. Modèle transactionnel de la guerre, économie des moyens et économie de la violence au temps de Tristan », dans Constance Griffejoen-Cavatorta (dir.), Cahier Tristan l’Hermite, XL, 2018, Minerve pensive : la réflexion sur la guerre au temps de Tristan, p. 31-52.

« Les prisonniers de guerre de la bataille de Fleurus (1690-1691) » dans Laurent Jalabert (dir.), Les prisonniers de guerre (XVe-XIXe siècle). Entre marginalisation et reconnaissance, Rennes, PUR, 2018, p. 249-266.

« Le sort des vaincus pendant les dernières guerres de Louis XIV : les limites de la culture de la reddition honorable », dans Hervé Drévillon, Bertrand Fonck, Jean-Philippe Cénat (dir.) Les dernières guerres de Louis XIV, 1688-1715, Rennes, PUR, 2017, p. 157-171.

« L’honneur du gouverneur, XVIe-XVIIe siècles » dans Nicolas Le Roux, Martin Wrede (dir.), Noblesse oblige. Identités et engagements aristocratiques à l’époque moderne, Rennes, PUR, 2017, p. 163-182.

« Peut-on juger les officiers ? Un projet de réforme du conseil de guerre dans la France des Lumières » dans Hervé Drévillon et Arnaud Guinier (dir.) Les lumières de la guerre, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014, vol. 1, p. 253-260.

« Trahir le Prince : la reddition de Naerden (1673) », dans Laurey Braguier-Gouverneur et Florence Piat (dir.), Normes et transgressions dans l’Europe de la première modernité, Rennes, PUR, 2013, p. 159-172.

« Cesser le combat, quelques aspects de la reddition des places au XVIIe siècle », dans Benjamin Deruelle, Bernard Gainot (dir.), Combattre à l’époque moderne, Actes du 136e congrès du CTHS (Perpignan, 2011), Paris, 2013, p. 28-40.

Recensions

Dans les Annales. Histoire, sciences sociales, 2022/4, 77e année, p. 808-811, compte rendu de l’ouvrage de Jérémie Foa, Tous ceux qui tombent. Visages du massacre de la Saint-Barthélemy, Paris, La Découverte, 2021.

Dans les Annales. Histoire, sciences sociales, 2022/4, 77e année, p. 799-801, compte rendu de l’ouvrage de Séverin Duc, La guerre de Milan. Conquérir, gouverner, résister dans l’Europe de la Renaissance, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2019.

Dans la Revue Historique, 2022/3, no 703, p. 677-680, compte-rendu de l’ouvrage de Nathalie Barrandon et Isabelle Pimouguet-Pedarros (dir.), La Transgression en temps de guerre, de l’Antiquité à nos jours, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021, 270 p.

Dans la Revue Historique, 2022/2, no 702, compte-rendu de l’ouvrage collectif dirigé par Walter Bruyère-Ostells, Benoît Pouget et Michel Signoli (dir.) Des chairs et des larmes. Combattre, souffrir, mourir dans les guerres de la Révolution et de l’Empire, 1792-1815, Aix en Provence, Presses Universitaires de Provence, 2020.

Dans la Revue Historique des armées, n°300, 2020, p. 139-140 compte rendu de l’ouvrage de Julien Guinand, La guerre du roi aux portes de l’Italie, 1515-1559, Rennes, PUR, 2020.

Dans la Revue Historique, 2021/1, compte rendu de l’ouvrage de Svante Norrhem, Mercenary Swedes : French Subsidies to Sweden, 1631-1796, Nordic Academic Press, 2019.

Dans la Revue Historique, octobre-décembre 2018, n°4, compte rendu de l’ouvrage de Rémi Masson, Défendre le roi. La maison militaire au XVIIe siècle, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2017.

Dans les Annales. Histoire, Sciences Sociales, 71/1, janvier-mars 2016, compte rendu de l’ouvrage d’Arnaud Guinier, L’honneur du soldat. Éthique martiale et discipline guerrière dans la France des Lumières, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2014, p. 225-226.

Dans Acta Fabula, janvier 2017, vol. 18, n° 1, compte rendu de l’ouvrage de Ninon Grangé (dir.), Penser la guerre au XVIIe siècle, Saint-Denis, PUV, 2012.

Manuels

Dans Valérie Sottocasa et Christine Bousquet (dir.), La construction de l’État monarchique en France, 1380-1715, Paris, Ellipses, 2021, p. 209-231.

  • Chapitre 19 "Guerre et souveraineté : roi de guerre et roi de paix"
  • Chapitre 20 "le développement d’une administration civile de la guerre"
  • Chapitre 21 " Guerre et construction du territoire"

Publié le 14 septembre 2017, mis a jour le jeudi 11 juillet 2024

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