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BARRIER Valentin

Contrat doctoral du Ministère des armées en collaboration avec Paris 1 pour trois ans. 

Sujet de thèse : Faire campagne sous la Convention (1792-1795) La naissance du système divisionnaire et les liens entre le pouvoir politique et la planification opérationnelle : un système d’opération révolutionnaire ?

Directeur de thèse : Hervé Drévillon 

Date de première inscription : novembre 2020

Sujets de recherche : 

  • Histoire de la guerre,
  • Histoire de la Révolution française

Publications : 

« Les prémices du système d’opérations napoléonien et leur contexte ; les plans et manœuvres de l’armée d’Italie en 1794, entre héritage, innovations et imperfections – La naissance de l’art opératif et la guerre de montagne », Revue historique des armées, no 290, La géographie militaire, juillet 2018, 25 pages.

« La question de l’armée d’Italie pendant la crise de thermidor an II », Annales historiques de la Révolution française, no 2-2019, juin 2019, 25 pages.

Travaux de vulgarisation : 

Consultant historique et parfois coréalisateur pour la chaine Youtube Sur le champ depuis deux ans. 

À voir notamment les épisodes : 

« La bataille, Napoléon et le cinéma »

« À cinq heures nous serons tous mort, une histoire tactique de la barricade »

Résumé du projet de recherche : 

Les réussites des armées révolutionnaires ont souvent été vues comme la victoire de l’enthousiasme et de l’élan patriotique incarnés par l’ascension fulgurante de jeunes généraux. La ferveur républicaine et la masse des soldats réquisitionnés auraient ainsi compensé l’inexpérience de ces troupes levées dans l’urgence. Mais, au-delà de ces lieux communs et de ces mythes construits pour exalter l’élan patriotique ou, au contraire, le dénigrer en le réduisant à une pulsion fanatique, se cache un système de guerre raisonné dont les nombreux détails, la complexité et la richesse commencent seulement à apparaitre dans les travaux des historiens.

Notre objectif pendant ces trois années de recherches sera d’explorer un nouvel aspect majeur de ce système militaire : la planification à l’échelle opérationnelle, qui émerge justement à cette période avec la naissance du système divisionnaire et son utilisation. Le terme « art opérationnel », inventé par les théoriciens militaires soviétiques dans l’entre-deux-guerres, a reçu une attention accrue dans les milieux militaires lors du débat sur les capacités opérationnelles comparatives de l’OTAN et du Pacte de Varsovie au cours des années 1970 et 1980. Son intérêt s’est également étendu dans le domaine de l’histoire militaire lorsque les origines de l’art opérationnel sont devenues l’objet de recherches.

Mais si, en général, il est considéré comme un corollaire de la révolution industrielle, cette thèse a pour but d’explorer l’idée que si l’art opérationnel puise ses racines théoriques et pratiques dans le milieu du xviiie siècle, il semble avoir été expérimenté pour la première fois pendant les guerres de la Révolution française. Le but de ces trois ans de recherche sera d’observer l’émergence et l’évolution de l’art opérationnel sur tous les fronts des campagnes de la Première coalition mais également de prendre en compte son contexte d’application. En effet la planification à l’échelle opérationnelle est issue d’une interaction et une collaboration entre les facteurs sociaux, économiques et surtout politiques propres à la Révolution. Un des enjeux de cette thèse sera donc aussi de comprendre comment les conditions politiques influent sur la mise en place de ce système d’opérations et comment celui-ci, en retour, a pu imposer des logiques qui ont infléchi la politique.

Publié le 27 novembre 2020, mis a jour le mardi 5 janvier 2021

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