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Poètes et poésie en révolution

La Révolution française. Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française n°7-2014

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Auteurs : Jean-Luc Chappey, Corinne Legoy et Stéphane Zékian (dir.)
Revue : La Révolution française. Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française n°7-2014
Éditeur : Institut d’histoire de la Révolution française (Paris)
Date de parution : 2014
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En s’interrogeant sur le statut du poète en Révolution, les réflexions rassemblées dans ce dossier s’emparent d’un objet qui a longtemps pâti d’une mauvaise réputation et dont la longue disgrâce historiographique n’a pris fin qu’assez récemment1. La production poétique du tournant des Lumières a en effet souffert très tôt de nombreux préjugés. S’agissant des poètes révolutionnaires, la subordination à « un dogme social qui préexiste à leurs créations2 » leur a depuis longtemps valu un discrédit analogue à celui qui frappera, en d’autres temps, les romanciers à thèse. À cette disqualification de poètes longtemps regardés comme de simples et trop dociles « rouages de l’État3 » (et préfigurant à ce titre, comme le suggère Paul Bénichou, les enrôlements totalitaires du XXe siècle) s’ajoute encore le long désintérêt pour la routine classicisante des poètes de l’Empire ou de la Restauration. Des raisons de natures distinctes ont ainsi concouru au mélange d’indifférence et de suspicion qui a longtemps recouvert les poètes dont l’œuvre s’inscrit à la charnière des deux siècles. La journée d’étude de juin 2012 dont ce dossier est issu a d’emblée reposé sur l’hypothèse selon laquelle l’oubli du poète en révolution pendant tout le XIXe siècle et la majeure partie du XXe siècle en dit peut-être moins long sur les pratiques poétiques de cette période que sur certains soubassements de l’historiographie littéraire française. En cela, notre objectif était moins de réhabiliter certaines figures de poètes tombées dans l’oubli que de mieux comprendre le sens et la portée d’une si longue désaffection. Mieux la comprendre, c’est-à-dire à la fois réfléchir sur ses conditions de possibilité et mesurer ses éventuelles conséquences, en particulier sur la définition de la poésie qui n’a pas tardé à s’imposer dans les institutions littéraires du XIXe siècle. Au plan poétique, l’intérêt problématique du tournant des Lumières tient à une situation de crise dont il n’est pas inutile de rappeler brièvement les principaux aspects.

Publié le 31 mars 2015, mis a jour le samedi 12 novembre 2022

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