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Auteur : Siméon-Prosper Hardy
Directeurs scientifiques : Pascal Bastien et al.
Éditeurs scientifiques : Pascal Bastien, Sabine Juratic, Nicolas Lyon-Caen, Annick Mellerio, Daniel Roche et Martine Sonnet
Présentation du volume : Emmanuel Garnier
Éditeur : Hermann (Paris)
Collection : Les collections de la République des Lettres
Date de parution : septembre 2025
Nombre de pages : 528
Présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur
Dans le fauteuil de son cabinet de travail, lunettes sur le nez, il dévore les imprimés du jour. Dans la rue, il observe ses compatriotes et sent l’agitation qui les traverse. Chez Edé, son boulanger, il capte et partage les inquiétudes provoquées par l’augmentation effrénée du prix du pain. Nourri par ce faisceau d’informations, Siméon-Prosper Hardy poursuit la rédaction de son « histoire du temps présent » et noircit ses grands registres des faits et des rumeurs d’une société qui s’engorge. Sous sa plume, 1788 multiplie les drames.
Les désaccords s’avivent entre les parlements et la Cour.
L’orage de juillet est dévastateur et aura des conséquences durables et dramatiques sur les récoltes.
De la journée des Tuiles à Grenoble, aux émeutes du pont Neuf et de la place Dauphine à Paris, le peuple ne retient plus sa colère.
Présentés comme une évidence dans toutes les brochures qui circulent dans le royaume, les États généraux, enfin, sont convoqués pour 1789.
Le Journal d’événemens de Siméon-Prosper Hardy est une source de référence pour les historiens des Lumières et de la Révolution. L’immense manuscrit du libraire révèle anecdotes, faits divers, témoignages et transcriptions d’arrêts et d’affiches offrant aux chercheurs un tableau exceptionnel du Paris de la seconde moitié du xviiie siècle.
Homme du livre très certainement, Siméon-Prosper Hardy (1726-1806) fut aussi un homme de la rue. Marcheur infatigable au regard acéré et à l’oreille attentive, il observait, écoutait, lisait, annotait et échangeait : au final, cette plume compulsive produisit un immense journal autographe rapportant tout à la fois les grandes préoccupations politiques du siècle et les soubresauts les plus singuliers du quotidien – à un moment où, du reste, le quotidien constituait aussi une grande préoccupation politique.
Publié pour la première fois dans son intégralité, le Journal de Hardy peut désormais être compris dans la cohérence d’un véritable projet d’écriture. Consulté par fragments, le Journal révèle des bruits et des rumeurs ; embrassé dans son ensemble, il révèle avec une extraordinaire acuité une ville en crise, bouillonnante et inquiète, prise entre la banalité des jours qui se suivent et la fragilité des vies qui passent.
Chaque volume présente une analyse thématique du manuscrit capable de rendre compte de la richesse du Journal en croisant constamment l’événement avec le siècle, et la nouvelle avec l’Histoire.
Les introductions ont successivement exploré le projet d’écriture de Hardy (volume 1), sa sensibilité et ses sociabilités jansénistes (volume 2), sa conscience politique (volume 3), sa conception de l’ordre urbain (volume 4), sa position de libraire et d’homme du livre (volume 5), son appréhension de l’espace parisien (volume 6), la façon dont la rumeur et le bruit public fonde son système d’informations (volume 7), la mémoire des récents conflits religieux, ainsi que la dynamique du courant dévot (volume 8), ainsi que la crise économique et politique qui secoue le royaume (volume 9). Le volume 10 s’intéresse à l’instabilité climatique et politique croissante de l’année 1788. Le grand orage de juillet, dévastateur, a des conséquences dramatiques sur les récoltes, renforçant un désordre qui semble mener inéluctablement à la convocation des États généraux pour l’année suivante.
Publié le 5 septembre 2025, mis a jour le mercredi 1er octobre 2025
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