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Soutenance de thèse de Clément Weiss

Clément Weiss soutient sa thèse, intitulée « L’aristocratie à main armée. Violences, distinction et contre-révolution dans le Paris révolutionnaire », réalisée sous la direction de Pierre Serna, le samedi 4 décembre à 14 h (salle 216, centre Panthéon, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 12 place du Panthéon, Paris 5e).

Un pot sera organisé ensuite dans cette même salle, pour lequel la présentation d’un pass sanitaire est requise.

Pour des raisons d’organisation, merci de vous inscrire auprès de Clément Weiss (weiss.clement@gmail.comavant le dimanche 28 novembre, car la capacité d’accueil de la salle est limitée. Pour celles et ceux qui ne pourront pas être présent·e·s, la soutenance sera également retransmise par visioconférence, cette inscription sera également nécessaire afin qu’il puisse transmettre le lien Zoom quelques jours avant la soutenance.

Le jury sera composé de :

  • M. Pierre Serna, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
  • M. Pascal Bastien, professeur à l’université du Québec à Montréal
  • M. Haim Burstin, professeur à l’université de Milan-Bicocca
  • M. Paul Chopelin, maître de conférences à l’université Jean Moulin Lyon 3
  • Mme Anne Rolland-Boulestreau, professeure à l’université catholique de l’Ouest
  • Mme Anne Simonin, directrice de recherche au CNRS

Résumé de la thèse

« Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » affirme l’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789. Dans la pensée révolutionnaire, l’aristocratie apparaît comme la distinction la plus inutile et la plus parasite qui soit. Évincée par la perte de son hégémonie politique et de ses privilèges héréditaires, elle devient subitement une condition marginalisée et assiégée qui, pour maintenir sa distinction, doit s’armer et se défendre. L’imaginaire (référence chevaleresque, modèle féodal) qui légitime cette auto-défense aristocratique illustre la croyance en une violence plus « modérée » que la violence révolutionnaire tout en justifiant des choix tactiques et opérationnels pour le moins dépassés.

À Paris, l’opposition armée à la Révolution prend, dès juillet 1789, une dimension aristocratique – à la fois élitiste et antipopulaire – qui ne s’est jamais démentie. Cette caractéristique a orienté le recrutement et le comportement des combattants et empêché la capitale de devenir un véritable champ de bataille contre-révolutionnaire ou le cadre d’un soulèvement massif sur le modèle vendéen. Elle a aussi contribué à transformer l’aristocratie en une conjuration armée : les combattants « royalistes », « contre‑révolutionnaires » ou « réactionnaires » en action à Paris œuvrent autant à la défense d’une cause politique qu’à celle d’une distinction personnelle perçue comme identitaire.

L’aristocratie dont il est question ici est donc davantage une « disposition d’esprit » qu’une caste fermée. Elle ne se définit pas par une appartenance sociale et lignagère à un second ordre désormais révolu, mais par une aspiration à la distinction et à la domination qui peut être vindicative – pour les nobles déclassés – ou mimétique – pour les roturiers fascinés.

En termes méthodologiques, faire l’histoire par le bas des acteurs de l’opposition violente à la Révolution est un moyen de réfléchir aux usages des grandes catégories de « royalisme » ou de « contre-révolution » en montrant la complexité des logiques individuelles qu’elles généralisent.

Le choix d’une approche centrée sur les combats et leurs combattants est également un moyen de proposer une relecture opérationnelle de certaines insurrections (5-6 octobre 1789, 10 août 1792, 13 vendémiaire an IV), de certaines luttes territoriales (la défense des Tuileries en 1791-1792, la reconquête réactionnaire de la rue entre l’été 1794 et l’été 1797) ou de certaines modes subversives (le duel, la résistance au service militaire, les bandes de jeunes).

Publié le 26 novembre 2021, mis a jour le lundi 6 décembre 2021

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